big

Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty?

28 & 29 novembre 2019

ÉLODIE MENANT : LA LIBERTÉ DE CRÉER

Comédienne, auteur, chanteuse, danseuse, productrice..., la jeune Élodie Menant embrasse toutes les disciplines à bras-le-corps et virevolte sur scène dans Est-ce que j'ai une gueule d'Arletty ? Une énergie qui n'est pas sans rappeler celle du personnage qu'elle incarne

Inspiration
Quand on porte un tel projet de bout en bout, pense-t-on à délivrer la parole d'une actrice mythique ? « Je pense surtout à la femme libre qu'elle incarne à mes yeux. Une liberté qu'elle pousse très loin et qui interroge. Elle assumait sa bisexualité, a côtoyé des résistants comme des collaborateurs durant la Seconde Guerre mondiale, a aimé passionnément un officier allemand tout en se disant apolitique… Arletty est vraiment une femme troublante. » Les circonstances de la vie font souvent les belles opportunités. « Quand je suivais le Cours Florent, nous avions travaillé sur les films des années 50, notamment d'Arletty. J'avais été marquée par sa fameuse scène et réplique « Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? » dans le film Hôtel du Nord de Marcel Carné ! C'est en rencontrant Eric Bu, avec qui j'ai écrit la pièce, que nous avons eu, en même temps, l'idée de travailler sur elle. Pourtant, nous ne connaissions rien de sa vie. Il s'est lancé dans une vaste enquête et m'a confirmé combien Arletty constituait un sujet passionnant, par son ambiguïté et sa force. »

Question de gouaille
Arletty c'est un phrasé, une cadence, une personnalité bien trempée. « Pour la première fois, je me suis retrouvée à incarner un personnage ayant existé. Comment me rapprocher d'elle sans fournir une pâle imitation ? J'ai regardé ses films, ses interviews, afin de sonder son âme et son énergie. J'aime beaucoup travailler par le corps et j'ai observé sa façon de bouger, de se tenir les mains, de parler… Quant à son fameux accent, elle le modulait beaucoup et avait vite compris comment en jouer. J'ai donc essayé de me l'approprier, de comprendre sa répartie et son impertinence. Plus je la joue, plus je m'étonne moi-même de mes propres intonations ! » En retraçant les 94 ans d'Arletty, il fallait éviter une narration trop fastidieuse à coups de dates et de faits. « Je suis la seule à interpréter un seul personnage, mes trois autres camarades sur scène en incarnent près d'une quarantaine. Il s'agit d'un véritable tourbillon de costumes, de danses, de chansons, de scènes et d'univers forts et différents. Une dynamique incroyable qui se poursuit avec cette tournée jusqu'à l'été prochain. »

La tête et les jambes
Élodie Menant, très sportive, a commencé la danse classique à 5 ans et en a fait pendant plus de 15 ans. « Mon corps est indissociable de ma tête. J'ai besoin d'imaginer le physique de mes personnages, leur façon de bouger, de se déplacer, c'est ce qui le dessine tout de suite, avant sa parole. » Après avoir connu le succès de la comédie musicale Le Soldat rose, et découvert le plaisir du chant, la comédienne connaît bizarrement une période creuse. Elle écrit alors une adaptation de La pitié dangereuse, puis de La peur de Stefan Zweig. «Pourtant, mon père m'avait toujours poussé à écrire mais je n'y croyais pas. J'ai créé ma compagnie, Carinae, avec laquelle j'initie d'autres projets, dont celui sur Arletty. Je continue également à faire des doublages, de dessins animés ou de voix d'enfants, un exercice très ludique. C'est drôle, je n'ai jamais imaginé que le grain de ma voix me servirait autant un jour. » Elle reconnaît aujourd'hui que ses brillantes études en maths l'ont construite. « Ce sont des études exigeantes, demandant logique et rigueur. En montant ma compagnie, je me suis retrouvée à faire de la production alors que je n'y connaissais rien. Ma formation m'a appris à appréhender chaque problématique de façon claire et posée. Alors oui, je remercie les maths ! »

>> Réservez vos places
plus d'infos
 

Novembre '19 - Décembre '19

Sorties #6 Novembre & Décembre 2019

magazine

Téléchargez le PDF ici >>