Wolubilis

"Ce qui restera" nous confronte à notre rapport à la possession

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La compagnie What’s Up s’interroge sur ce qui restera de nous, humains, à travers notre rapport aux objets.

Dernier volet d’une trilogie intitulée « ODMA » (pour « L’objet de mon attention »), « Ce qui restera » prend ses quartiers au Varia tout juste après avoir été créé à l’Atelier Jean Vilar et passera ensuite par Wolubilis. Cécile Hupin (l’autrice du texte) et Héloïse Meire (metteuse en scène dont on avait adoré « Méduse.s », avec le collectif La Gang, au printemps dernier) y déploient un huis clos déjanté qui prend place sur une île au milieu de l’océan, la veille du nouvel an, alors que les six derniers résidents des lieux se réfugient dans un abri sécurisé par une intelligence artificielle pour échapper à la tempête qui fait rage…

Qui possède qui? Que projetons-nous dans les objets? Comment parler des traces que laissent les humains? Point de départ de cette trilogie, le désir de travailler sur le rapport des êtres humains aux objets: « Ce que ça dit de nous et de notre façon d’être au monde », déclare Héloïse Meire. Ces trois dernières années, elle et Cécile Hupin ont souhaité décloisonner le théâtre en allant à la rencontre d’autres disciplines, développant deux projets d’installations avec les photographes Katherine Longly et Hubert Amiel. Une démarche documentaire inspirée de leur précédente création théâtrale très remarquée sur l’autisme: « Is there life on Mars? »

Du documentaire à la fiction
Troisième étape du processus, la création de cet automne quitte volontairement le registre documentaire pour celui de la fiction, mettant en scène un univers fabuleux plein d’humour, développé à partir d’un travail de recherche, d’improvisation et d’écriture mené entre l’autrice, la metteuse en scène et les comédiens (parmi lesquels les formidables Isabelle Wéry et Gwen Berrou).

« C’est une comédie dramatique assumée comme telle, une histoire forte dont nous avons balisé le scénario bien avant la pandémie et les inondations de cet été », raconte Héloïse Meire, qui explique à quel point il était flagrant de recevoir en pleine figure le drame belge de l’eau qui monte et qui pousse les gens à fuir: « L’actualité tourmentée de la crise sanitaire et les catastrophes naturelles à répétition ont donné un éclairage nouveau à notre travail. »

Sur scène, face au déluge qui se profile, chacun des personnages développe un rapport différent aux objets, en fonction des pratiques découvertes en cours de route et des histoires glanées depuis trois ans: « On voulait insister sur notre besoin de garder des traces de tout, comme on le vit aujourd’hui à travers nos smartphones, qui documentent tout ce qu’on vit. On a par contre volontairement renoncé à déployer un univers trop réaliste, pour transposer cette fiction dans un monde rétro futuriste, pas hyper technologique. On avait surtout envie de parler d’amour et de notre rapport à la perte. »

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L’Écho, Aliénor Debrocq, 20 octobre 2021

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