Wolubilis

DÉAMBULATIONS JUBILATOIRES DE TROIS COMÉDIENS ACTIFS

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Ne dites jamais à un comédien qu’il est à la retraite. Même si dans les faits Patrick Donnay, Jean-Pierre Baudson et Alfredo Cañavate en ont terminé avec leur contrat au Théâtre National, leur Dernier Salut emporte le public hors les murs avec la rue pour décor, les textes et souvenirs comme nourriture.

Invitation à un moment de théâtre unique, celui d’une connivence idéale entre public et comédiens pour un parcours-découverte dans le quartier. Patrick Donnay et ses comparses ont déjà eu l’occasion de vivre plusieurs fois l’expérience. « Le décor est différent selon les lieux et la surprise demeure au fil des représentations. En fonction des textes dits, nous repérons les endroits les plus propices. » L’idée folle est de Nicolas Buysse, auteur et metteur en scène. « Quand le spectacle nous a été proposé, nous avons eu très peur car nous sortons de notre zone de confort, celui de jouer sur une scène. Mais nous vivons là une expérience très forte. Si le parcours sera le même durant les 5 jours de spectacle à Wolubilis, l’imprévu s’invite toujours, au détour d’une ruelle, d’une cour intérieure. »

Tabouret et casque
« Même si nous gardons une part d’improvisation lors de l’accueil des spectateurs comme durant le parcours, le texte reste le même partout. À savoir le dernier spectacle de trois comédiens retraités du Théâtre National qui décident de jouer, en extérieur, dans ce qui sera peut-être le plus beau décor de leur carrière : la rue. » Chaque spectateur a son tabouret pour s’asseoir au fil de la promenade littéraire ainsi qu’un casque diffusant des interventions de comédiens tel Michel Bouquet, des chansons de Jacques Prévert… « Le public a encore davantage le sentiment qu’on l’emmène dans une intimité de textes et d’émotions à nulle autre pareille. On se pose pour écouter et hop, on repart vers la prochaine surprise. Car les spectateurs ne savent rien de ce qui les attend. Le public est constamment sollicité et nous déambulons en une troupe de 80 personnes, comédiens, régisseurs et spectateurs. Quand le spectacle est terminé, un lien s’est créé et nous n’avons qu’une envie, c’est de repartir au théâtre boire un verre tous ensemble et échanger. »

L’envie de jouer
Le Dernier Salut a le pouvoir de rassembler et d’émouvoir autour de textes comme de la passion du jeu. Rostand, Corneille, Gorki ou Tchekhov côtoient les souvenirs émus et les anecdotes farfelues. « Nous
sommes encore, quelque part, des gamins et nous continuerons à jouer tant que nous le pouvons. Lors de nos représentations, les passants s’étonnent, se renseignent, sont parfois pris à partie. Il y a toujours quelques casques pour les badauds qui s’étonnent. Ceux-là se dépêchent en général de réserver leur place pour les jours suivants ! » En effet, elle est belle, chez nos trois formidables comédiens, cette façon de marquer la transition. Vers une multitude de projets.

– Gilda Benjamin

Du 7 au 11 juin
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