Wolubilis

Interview / VOID: L'homme qui tend une parabole vers le ciel

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Les mannequins ornés de paraboles dorées réalisées par le collectif VOID prennent d’assaut la façade du Théâtre de Wolubilis ! Lauréat du Prix Médiatine en 2015, etdu Salomon Résidency Award à New-York en 2019, le collectif, composé de Arnaud Eeckhout et Mauro Vitturini, revient à Woluwe-Saint-Lambert avec une installation à en donner le vertige. Retour sur notre entretien avec Arnaud Eeckhout, un artiste dont le regard est résolument tourné vers le ciel.

Tout d’abord, d’où vous est venue cette idée d’œuvre ? Pourriez-vous re contextualiser votre réflexion ?
L’idée vient du programme “Voyager” de la Nasa. Lancé en 1977, le but était de mettre en orbite des sons et des images de l’humanité de la même façon que l’on jetterait une bouteille à la mer. Dans la même optique, ces figures humaines tournées vers le ciel, apparaissent dans l’espace public à la quête d’un récepteur dans une tentative de communication. De plus, la parabole qui est un objet populaire, permet pourtant à des tas de gens d’être connectés au reste du monde. Elle est ici de couleur dorée pour rendre l’objet semblable à un ornement.

Votre collectif se présente en tant que plasticien du son, dans quelle mesure la notion de «son» entre en résonance avec l’installation que vous proposez ?
La parabole est un outil de la communication, dans l’idée de transmettre un message. On a déjà d’autres pièces. Cette foois-ci elles sont plus explicites, tels des hauts parleurs dorés. C’est la première fois qu’elles ont une figure humaine.

Pour cette œuvre, vous allez investir la façade du théâtre de Wolubilis. Quelle est selon vous la plus-value de prendre possession de l’espace public et en tant qu’artiste qu’est-ce qui vous intéresse, dans cette forme de monstration «hors musées», «hors galerie» ?
Le format est beaucoup moins parlant et intéressant en intérieur pour notre installation. Le fait d’avoir une silhouette humaine sur un toit, cela va forcément interpeller les passants.
De plus, dans un musée, une œuvre est protégée. Alors que dans l’espace public, elle est en confrontation directe avec le public et suscite le débat, l’intérêt. Et puis bien sûr, il peut y avoir de mauvaises réactions.

Quels sont les défis techniques liés à cette installation ?
Au niveau technique, ça a été compliqué. Il a fallu trouver un moyen pour que l’installation tienne d’elle-même sur un bâtiment en spirale. Nous avons dû trouver un système de contrepoids discret qui ne dénaturerait pas l’installation.

Votre collectif passe de la 2D à Mons à un projet en 3D à Wolubilis. Qu’est-ce qui a motivé ce choix et ce changement de matériaux ?
Au début, on avait fait une version en 2D de “L’homme qui tend une parabole vers le ciel” sur la façade du BAM (Musée des Beaux-Arts de Mons) en août dernier. Mais on a pensé que ce serait mieux d’avoir un personnage en 3D pour justement créer cette ambiguïté de savoir si oui ou non, c’est une personne réelle.
Mais pas que, cela permet par exemple des jeux de lumières sur la parabole qui changent en fonction du soleil.

Depuis quelques semaines, sont aussi exposées autour de Wolubilis, deux œuvres de Xavier Mary qui ont faits réagir la presse et le public.Selon vous, il y a-t-il des codes pour comprendre une œuvre d’art contemporain ?
L’art contemporain est différent, il n’est pas évident. Il y a une certaine histoire de l’art à connaître et il faut savoir dans quel contexte de pensée et quelle esthétique l’artiste exerce. Mais c’est une forme qui suscite le débat, la cible réagit donc le but est atteint.

Et pour finir cet entretien : où pouvons-nous vous attendre dans les prochaines semaines/ mois ?
Il y aura une exposition à la Galerie Papillon à Paris en mai ainsi qu’une en février 2022 au Botanique à Bruxelles.

Propos recueillis par Filipe Almeida Teixeira

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