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Actu / JACQUELINE BIR : UNE ARDEUR SANS CESSE RENOUVELÉE

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Avec La Dame à la camionnette, Wolubilis sera à la fête en cette fin d’année, et de bien belle façon. Cette pièce savoureuse d’Alan Bennett verra comme tête d’affiche la plus élégante de nos comédiennes, Jacqueline Bir, superbement entourée et mise en scène. Rencontre avec une grande dame dont la passion pour le théâtre n’a d’égale que son énergie vitale.

Londres a eu Maggie Smith dans The Lady In The Van, Bruxelles aura « notre » Jacqueline Bir dans La Dame à la camionnette. Même pétulance, même intelligence du jeu, même aura. Alain Leempoel retrouve sa partenaire de Conversations avec ma mère et la met en scène dans cette adaptation de la pièce d’Alan Bennett, coproduite par Wolubilis. À ses côtés, une distribution étoilée : Bernard Cogniaux, Patrick Donnay, Frederik Haugness, Isabelle Paternotte… Décembre va briller de mille feux sur la scène woluwéenne.

Registre inédit
Le récit de la servante Zerline, L’allée du roi, Oscar et la dame rose, Conversations avec ma mère… Jacqueline a tout joué, ou presque. «J’ai connu beaucoup de rôles en costume et affichant une belle allure. Alors je trouve cela chouette de me réinventer en abordant un nouveau type de personnage. Il s’agit d’une pièce sur l’identité, sur ce que nous paraissons et que nous sommes réellement. La dualité du personnage de l’auteur, Alan Bennett, est également très intéressante. J’apprécie cette pièce multiple, colorée, et je remercie Wolubilis de s’être impliqué dans ce projet. Avec Lady In The Van, il est clair que l’auteur a imaginé monter une pièce sur la personnalité de Madame Maggie Smith. Je me dois donc de m’approprier ce personnage sans rien imiter.» Se reconnaît-elle dans la rage et l’énergie du personnage de Miss Shepherd ? «Oh oui, et vu mon côté insupportable, cela va aller tout seul ! Pour ma part, je revendique une certaine autorité, un jusqu’au-boutisme qui convient très bien au personnage. Alain Leempoel connaît ma rigueur, mais là je dois aller au-delà de mes limites.»

Une vie de théâtre
Le projet est né il y a 4 ans, durant les représentations de Conversations avec ma mère à Paris. Comment résister à cette histoire, véridique, d’une vieille dame venant s’installer dans sa camionnette devant le domicile d’Alan Bennett, dans le Londres des années 70 ? Elle y restera 15 ans ! « Après avoir connu Alain Leempoel comme producteur, puis comme acteur, il devient mon metteur en scène. Quant aux autres comédiens, je les connais mais je n’ai jamais joué avec eux, ce sera encore une découverte. Je suis heureuse de les approcher, sur scène comme en coulisses, la façon d’aborder le métier est différente avec des gens plus jeunes. Je réalise la chance que j’ai, d’avoir eu toutes ces années de vie mais aussi de théâtre. Mais j’ai ça en moi, je le porte comme une flamme, telle est ma façon d’exister, de parler aux autres, de faire de la politique aussi. Mes petits-enfants me disent que je suis un exemple pour eux. Parfois je râle « Mais Bir, qu’est-ce que tu fais encore ? ». Le théâtre est ma raison d’être profonde. »

Le plaisir de l’effort
Grande bosseuse, Jacqueline Bir le déclare volontiers : elle n’est pas maso, juste amoureuse de son métier. « Je tiens cet amour du travail de mes parents. Ils m’ont inculqué les trois valeurs suivantes : travail, discipline, courage. C’est vous dire si travailler un texte sans relâche est pour moi jouissif. J’ai un immense respect pour les auteurs, ils m’ont appris beaucoup de la vie. Dès que j’ai découvert, très jeune, ce plaisir du texte, il est devenu le sens de mon existence. Quelles que soient les circonstances, j’ai toujours retrouvé une forme d’équilibre avec ce matériau qu’est le texte. » Mais était-ce pour autant le cas durant le confinement ? « J’utiliserai un très beau mot, « la déréliction», le fait de se sentir abandonné, comme un enfant perdu. Je n’arrivais plus à lire, ni à écouter de la musique. Au moment du déconfinement, je suis partie me ressourcer une semaine à la mer et j’ai retrouvé le goût de vivre. J’espère que ce coup sur la tête nous fera changer, il n’est plus possible de continuer de la sorte. Et pour la première fois, j’ai réalisé que j’avais un certain âge, pour ne pas dire un âge certain ! On n’arrêtait pas de me le répéter. C’était la première fois… »

Racines
Née près d’Oran en Algérie, Jacqueline Bir a rejoint le Conservatoire de Paris, pour enfin venir s’installer en Belgique. « Je suis une méditerranéenne, avec tout ce que ça comporte. La couleur, les odeurs, la joie de vivre ont construit ma personnalité tout comme la rigueur transmise par mes parents. Mais arriver en Belgique a été un cadeau magnifique. J’ai retrouvé ici un peu de la bonhommie et de la bienveillance qu’il y a de l’autre côté de la Méditerranée. Et ma carrière n’aurait peut-être pas été ce qu’elle est si j’étais restée à Paris, j’ai eu tellement de grands rôles. »

Respect et humilité
Quoi qu’elle en dise, l’immense comédienne jouit de l’admiration et de l’amour du public comme des professionnels. Comment cette grande dame du théâtre reçoit-elle les louanges ? « J’ai beaucoup d’humilité, je suis juste Jacqueline, pas « LA » Jacqueline Bir. Tout ce qui compte à mes yeux est de faire bien ce que j’ai à faire. Mais je suis ravie que des gens me disent qu’ils ont été touchés ou marqués par une de mes prestations. Mais je n’en tire aucune gloriole, je n’existe que dans la mémoire des gens. Je demeure avant tout au service des auteurs. »

Le regard pétille : répétitions, échanges, travail… La Dame à la camionnette s’annonce comme un grand moment. « Je me sens en confiance, j’ai retrouvé le plaisir. Je suis comme un musicien qui fait ses gammes tous les jours. »

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