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Actu / NICOLAS BRIANÇON : UN SPECTACLE DE GOURMETS

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Avec sept nominations aux Molières et un Prix du comédien dans un second rôle pour François Vincentelli, Le Canard à l’orange poursuit une tournée triomphale. Son metteur en scène Nicolas Briançon, grand admirateur de Jean Poiret, nous sert un festin savamment équilibré.

Le succès change-t-il l’esprit d’une troupe ? Ce qui est sûr, c’est que Nicolas Briançon lui a insufflé la joie et la rigueur indispensables à un tel classique du théâtre. « Nous allons passer le cap de la 200 ème représentation durant la tournée. J’adore jouer longtemps car on se sent totalement libéré du texte, il ne s’agit plus que de se trouver dans le pur plaisir du jeu immédiat. En tant que metteur en scène, je dois bien sûr veiller à ce que les effets comiques ne soient pas trop appuyés mais je travaille avec une équipe consciencieuse et enthousiaste. Je dis souvent aux comédiens, avant la représentation « Faites-vous peur ! ». Il faut garder à l’idée qu’une représentation est une aventure pour ne jamais tomber dans la routine. Le succès du Canard à l’orange est à prendre avec beaucoup de modestie et nous dépasse un peu, il est lié avant tout à la qualité de la pièce. Sans doute, nous ne la trahissons pas et nous la servons au mieux. Le succès nous oblige à amplifier cette qualité. »

Jouer est un jeu
Une citation de Peter Brook qu’il pourrait faire sienne, d’autant plus ici. « Il est vrai que le personnage principal, grand joueur d’échecs, s’apprête à jouer la partie de sa vie puisqu’il invite l’amant de sa femme le temps d’un week-end et qu’il compte bien marquer contre cet adversaire. » Une intrigue à la sauce anglaise, comme on les aime. Qu’y a-t-il de plus british dans cette pièce ? « La qualité de la construction dramatique et l’épaisseur des personnages chères aux anglo-saxons. Sans oublier l’humour omniprésent. » Grâce à l’excellente adaptation de Marc-Gilbert Sauvajon, le spectacle tient aussi beaucoup du vaudeville français. « C’est amusant de voir cette pièce anglaise devenir presqu’un symbole du boulevard français. L’adaptation de Sauvajon est épatante, enrichie des apports de Jean Poiret quand il l’a jouée à la fin des années 70. Cinq jours avant la première, il avait réécrit des petites choses avec le metteur en scène Pierre Mondy. Cette touche Poiret est sensible, il n’est pas question de l’imiter mais je vois son regard bleu pétillant quand je joue. »

Premier métier : acteur
« Je suis un comédien qui met en scène. J’ai toujours voulu embrasser la mise en scène. J’ai dirigé trois festivals dans ma vie, je vibre pour cet aspect du théâtre. Bien sûr, mon premier métier est acteur. Je viens de tourner chez vous un film avec Christian Clavier, Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde… Do you do you Saint-Tropez est réalisé par Nicolas Benamou. J’adore définitivement Bruxelles. Et je suis déjà venu à Wolubilis pour La Vénus à la fourrure. Je ne comprends pas les comédiens qui n’aiment pas les tournées. C’est pourtant le meilleur moyen d’aller à la rencontre du public. Je fais aussi ce métier pour aller vers les gens. Et le public belge est extraordinairement chaleureux. »

Le Belge à l’honneur
Et au final, c’est le Belge de la troupe qui a remporté le Molière ! De quoi bien charrier François Vincentelli. « Et on le charrie toujours, comme lui nous charrie tout autant. Ce Molière est amplement mérité, c’est le meilleur camarade du monde. D’ailleurs, il y a e un vrai cri de joie général quand il l’a obtenu. Le jeu avec cette troupe est assez unique, les egos ont été remisés au placard et nous avons un plaisir immense à être ensemble. »

– Propos recueillis par Gilda Benjamin

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