Wolubilis

Les Ateliers de Wolubilis, comme le reste des activités culturelles,
se sont arrêtés depuis la mi-mars. Mais l’envie de créer, de jouer,
de chanter ensemble n’a pas disparu pour autant. 

Pendant ces longues semaines de confinement, plusieurs animatrices comme
Joëlle Christiaens, Céline Taubennest, Alice de Marchi, Frédérique
Rochette
ou encore Caroline Donnelly ont continué à donner cours
de théâtre ou de chant polyphonique en ligne. Retour sur l’une de
ces expériences virtuelles.

Quand rien n'arrête le plaisir de jouer

Les Ateliers de Wolubilis, comme le reste des activités culturelles, se sont arrêtés depuis la mi-mars. Mais l’envie de créer, de jouer, de chanter ensemble n’a pas disparu pour autant. Pendant ces longues semaines de confinement, plusieurs animatrices comme Joëlle Christiaens, Céline Taubennest, Alice de Marchi, Frédérique Rochette ou encore Caroline Donnelly ont continué à donner cours de théâtre ou de chant polyphonique en ligne. Retour sur l’une de ces expériences virtuelles.

Caroline Donnelly enseigne le théâtre aux Ateliers de Wolubilis depuis plusieurs années déjà. En 2020, elle donne cours aux 2e années et au groupe de «Théâtre Avancé». Depuis mars ces deux cours, d’abord postposés, ont continué à se donner en ligne. Les participant.e.s des Ateliers ont travaillé leur pièce, développé leurs rôles sous la direction de leur professeure, qui a compulsé quelques-unes de ces séances de travail sous la forme de vidéos. Celles-ci sont disponibles sur notre chaine Youtube et sont autant de témoignages de la créativité des Ateliers de théâtre durant cette période de confinement. Caroline Donnelly nous a raconté comment ces séances ont pu se matérialiser et surpasser les difficultés techniques.

Interview de Caroline Donnelly

Au début, nous ne savions pas que tout cela allait durer. Tout d’abord, il fallait se mettre d’accord sur la plateforme que nous allions utiliser. Beaucoup de personnes n’avaient pas accès à Whatsapp, Zoom, Facebook, HouseParty. Ces applications ne nous étaient pas familières et n’étaient pas toujours compatibles avec les ordinateurs de travail. Lorsque nous avons choisi l’application, il y a eu ensuite les problèmes de connexions à régler par des coups de téléphone et l’expérimentation de nouveaux logiciels. Tout cela prend du temps et au départ, c’était un processus très lent et difficile à coordonner. Pour filmer avec les tablettes notamment, l’image enregistrée ne correspondait pas toujours à ce qu’on voyait sur l’écran durant la répétition.

Petit à petit, nous avons commencé ces répétitions par internet car nous avions tous envie de nous voir, et de poursuivre nos répétitions. Nous avons donc commencé par nous réunir virtuellement à onze avant de changer le protocole pour nous réunir par petits groupes de 3 et pour que je puisse donner des feedbacks, tout en laissant les participants interagir avec une nouvelle méthode de répétition : face au micro et à la caméra.

Lorsque l’on joue face à la webcam d’un ordinateur, tout change, on ne voit plus l’entièreté du corps mais seulement une partie, les acteurs bougent moins, les respirations prennent plus de place, il y a des décalages dus à la technique… Mais dans l’ensemble, les participants se sont pris au jeu car tout le monde était dans le même bateau et conscient de l’incertitude que le confinement faisait planer sur les cours. Certains ont même commencer à former des sous-groupes pour répéter ensemble, sur l’une ou l’autre partie de la pièce de Shakespeare que nous étions en train de monter, malgré les difficultés liées à la technique ou au télétravail, à la garde des enfants…

Caroline Donnelly s’est donc formée au montage vidéo, pour donner des feedbacks et guider les participants dans leur formation, tout en prenant en compte la fatigue, conséquence des longues séances vidéos ; a coordonné chaque planning… Un travail fort différent des répétitions habituelles, où les participants prennent part à la régie, à la scénographie, à la gestion des lumières, sans avoir tout de suite, une vision de l’ensemble de la pièce, qui a d’ailleurs été retravaillée et réécrite pour « coller » au digital.

En plus de la réécriture des scènes et de la coordination des répétitions, j’ai pris le temps de visionner ces enregistrements et Les groupes se sont forts impliqués, les jeux ont étés adaptés à cause de l’intimité que fixe le cadre statique de la webcam.

Ils ont donc appris à jouer en regardant la caméra ou l’écran, alors que d’habitude ils regardent le public ou le partenaire avec qui ils dialoguent dans une scène. Avec l’ordinateur, les règles n’étaient plus les mêmes.
À travers la caméra, on remarque beaucoup plus les problèmes de dictions, les regards, les gestes, les coquilles dans le texte sont beaucoup plus entendues. Il faut s’adapter à la caméra et travailler la voix. Là où il fallait parler de façon à être entendu par le public, il faut maintenant parler bas, être nuancé, sans le corps qui bouge pour donner de l’amplitude à la voix. Dans mes ateliers, le corps est très important, le regard aussi. Ici, il est ailleurs et l’espace de jeu est plus petit. Les petites astuces comme lever les yeux au ciel, regarder en bas,… je me suis rendu compte que c’était complètement perdu pour la caméra.
Je me suis donc appuyée sur des exercices donnés les années précédentes pour aiguiller ces enregistrements. Au final, ce sont des exercices très intéressants, qui ont su montrer l’autonomie des élèves et que je vais garder pour l’année prochaine. Et puis, la caméra a révélé de nouveaux talents et vice versa. Certains sont pétrifiés par la prise d’image, alors que d’habitude ils sont vraiment doués en improvisation. Quand c’est filmé, ils jouent moins avec leurs partenaires. Pour pallier à ça, je leur ai demandé de travailler face caméra et comme si le micro était la personne à côté, en se référant à des exercices donnés à l’atelier de théâtre.

Le digital ne peut pas remplacer la chair et l’os, la respiration, la sensibilité de la peau, du corps, du vivant, tout ce qui fait l’ADN de l’acte théâtral, où le public participe et émet des émotions qu’il transmet aux acteurs. Mais cette approche a permis de garder les répétitions vivantes et de clôturer la saison… jusqu’à l’année prochaine.

Les capsules vidéos des Ateliers de Wolubilis

Voici quelques extraits de leurs étapes de travail, montées en courtes capsules par leurs professeures : Caroline Donnelly et Joëlle Christiaens.

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