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Royal Festival de Spa: «Flash Party», la fête qui nous a tant manqué

Article • Publié le Actualités

Par Jean-Marie Wynants (Le Soir 19/08/21)

Un pianiste, un conteur et une chanteuse : il n’en faut pas plus pour nous faire vivre en un plus d’une heure toutes les fêtes que nous avons manquées durant les mois écoulés. Tout commence par la silhouette d’une jeune femme, de dos, derrière un rideau de scène, interprétant On the Sunny Side of the Street, un vieux titre jazzy lumineux. À l’avant-scène, Maître Jacques, le pianiste qui l’accompagne et un certain Barnabé qui de sa belle voix de basse nous raconte l’histoire d’Éléonore. Elle est jeune, Éléonore, elle aime la vie, tout baigne pour elle et puis boum ! d’un seul coup, une chape de plomb tombe sur la planète. La fête est finie… Conçu dans l’urgence, « entre baume au cœur et envolée joyeuse, ce spectacle est en prise directe avec notre monde, avec la nécessité de se retrouver, de partager » annonce l’équipe de la Compagnie Pop Up à l’origine de ce projet. Au cœur de celui-ci, Isadora De Booseré dont la voix s’est déjà fait remarquer par le passé. Autour d’elle, une équipe restreinte : Mireille Bailly à l’écriture, Axel de Booseré et Maggy Jacot à la conception et réalisation, Gérard Maraite aux éclairages. Plus qu’une équipe, une famille. Mais une famille habituée à travailler sur le long terme. « On n’a jamais fait un projet comme celui-là, confie Maggy Jacot. D’habitude, nos créations se préparent au moins pendant deux ans. Ici tout s’est fait dans l’urgence sans savoir si ça allait marcher. »

Un conte savoureux
La réponse est venue mercredi soir au Royal Festival de Spa. Un bonheur. Pourtant, a priori, l’association théâtre-chansons nous laissait un peu dubitatif. N’allait-on pas assister à un collage artificiel façon tour de chant plus ou moins scénarisé ? Toutes nos craintes s’évanouissent dès les premières secondes. Mise en scène dépouillée mais d’une justesse absolue, scénographie simple mais réservant quelques petites surprises, versions originales et pleines d’invention de tubes du passé, équilibre parfait entre les trois interprètes… tout est parfaitement en place, séduisant, amusant, émouvant.

Lotfi Yahya, parfait, déroule le savoureux conte imaginé par Mireille Bailly, façon Fable de La Fontaine. Mais très vite, les rôles se croisent, se mélangent. Johan Dupont, dont les versions piano de tous les tubes sont de petits bijoux, s’avère aussi à l’aise en comédien qu’en imitateur plus que crédible de Johnny. Isadora De Booseré quitte vite le fond de scène pour promener sa mélancolie aux côtés de ses comparses avant de retrouver la pêche à travers le souvenir d’une mémé plutôt délurée. Et Lotfi Yahya, merveilleux conteur, pousse lui aussi la chansonnette dans une irrésistible reprise de Nougaro.

Fusion des genres parfaitement réussie, Flash Party dégage un charme fou. On y entend le Good Morning de Singing in the Rain, la Foule Sentimentale de Souchon, Gigi l’Amoroso de Dalida ou encore une délicieuse Javanaise de Gainsbourg reprise par toute la salle, dans des versions piano voix irrésistibles. On chante, on sourit, on revit avec Éléonore qui retrouve le plaisir de danser avec Barnabé le Mémé Mambo et qui offre à plusieurs spectateurs le Joyeux non-anniversaire d’Alice au Pays des Merveilles pour remplacer les fêtes qui n’ont pu avoir lieu. Et ce ne sont pas les seules puisqu’on aura droit aussi à Noël et Nouvel An pour le même prix. Let it snow en plein été, fallait oser. Surtout quand on enchaîne avec le Dancing Queen d’Abba et I will Survive de Gloria Gaynor, irrésistiblement servis dans le cœur du récit. Cette fois, la fête peut vraiment recommencer…

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